Aucune intervention ne vient altérer la radicalité de ce readymade exemplaire, pas même un titre qui nous dirigerait vers des régions plus verbales.
« En 1914 j'ai fait le Porte-bouteilles. Je l'ai acheté simplement au Bazar de l'Hôtel-de-Ville. L'idée d'une inscription est entrée dans l'exécution à ce moment-là. Il y avait une inscription sur le porte-bouteilles dont je ne me souviens pas. »
« Quand j'ai déménagé de la rue Saint-Hippolyte pour partir aux États-unis, ma soeur et ma belle-soeur ont tout enlevé, on a mis ça aux ordures et on en a plus parlé. »
Marcel Duchamp Entretiens p.79
Bien que Duchamp ait toujours nié toute implication esthétique dans le choix de ses readymades, il n'a pu empêcher leur charme d'agir :
« Il est évident que le porte-bouteilles qu'il a choisi a une forme bien plus intéressante que la plupart de ce qui a pu se faire la même année en tant que sculpture. C'est aussi une solution subtile à un dilemme essentiellement dada: comment s'exprimer sans art quand tous les moyens d'expression sont potentiellement artistiques.»